Cette lettre d’information présente des informations relatives à l’approbation récente, par la FDA, de l’ilopéridone pour le traitement du trouble bipolaire I chez l’adulte. Elle aborde l’efficacité du médicament, les posologies recommandées ainsi que ses effets indésirables potentiels.
Nous partageons également les points clés d’un entretien consacré aux principes de la psychopharmacologie psychodynamique, d’une présentation sur les données probantes étayant l’application de la TMS dans le traitement de divers troubles psychiatriques — ainsi que ses effets secondaires potentiels — et de nos synthèses de recherche pratiques en psychiatrie de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte..
L’ilopéridone est désormais approuvée pour le trouble bipolaire I.
L’ilopéridone, un antipsychotique atypique, a été approuvée par la FDA le 2 avril 2024 pour le traitement des épisodes maniaques ou mixtes aigus associés au trouble bipolaire de type I chez l’adulte. Elle est également approuvée pour le traitement de la schizophrénie aiguë chez l’adulte depuis 2009 et pour le traitement d’entretien depuis 2016.
- Comment fonctionne l’ilopéridone ?
- L’ilopéridone et son métabolite, le P88, se lient fortement aux récepteurs de la sérotonine 5-HT2A et de la dopamine D2 et D3. Cette inhibition contribuerait aux effets antimaniaques du médicament.
- Ce sont également de puissants antagonistes des récepteurs NEα de la noradrénaline.
- Que savons-nous de son efficacité ?
- Son efficacité dans le trouble bipolaire de type I a été confirmée au cours d’une étude de phase III, randomisée, en double aveugle et contrôlée par placebo.
- Les patients ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir soit de l’ilopéridone (jusqu’à 24 mg/jour), soit un placebo. Le critère d’évaluation principal était la variation du score sur l’échelle d’évaluation de la manie de Young (YMRS) entre l’inclusion et la 4e semaine.
- Le score total YMRS a montré une amélioration statistiquement significative entre l’inclusion et les semaines 2 à 4. Les critères d’évaluation secondaires, notamment le score de sévérité des Impressions cliniques globales (CGI-S) et l’Impression clinique globale du changement (CGI-C), ont également été améliorés. En savoir plus ici.
- Selon cette étude, on peut s’attendre à observer des améliorations dès la deuxième semaine de traitement.
- Quelles sont les recommandations concernant la posologie ?
- Afin d’éviter les effets d’hypotension orthostatique, il est conseillé de débuter par une faible dose et d’augmenter celle-ci progressivement.
- L’ilopéridone est fournie avec un kit d’initiation permettant d’augmenter la posologie, passant de 1 mg deux fois par jour à 6 mg deux fois par jour.
- Bien que l’ilopéridone puisse être administrée toutes les 24 heures, il est recommandé, dans un premier temps, de l’administrer toutes les 12 heures afin d’instaurer une tolérance.
- La posologie cible recommandée pour l’ilopéridone est de 24 mg/jour.
- Chez les métaboliseurs lents du CYP2D6, la posologie recommandée est de 12 mg/jour.
- Quels sont les effets indésirables potentiels ?
- Les effets indésirables fréquents comprennent la tachycardie, les étourdissements, la sécheresse buccale, une augmentation de l’alanine aminotransférase, la congestion nasale, une prise de poids (soit 7 livres en 4 semaines) et la somnolence.
- L’incidence de l’akathisie et des symptômes extrapyramidaux était faible.
- L’ilopéridone affecte-t-elle le QTc ?
- L’ilopéridone a un impact sur l’intervalle QTc, une augmentation de ce dernier ayant été observée. Toutefois, une certaine adaptation peut survenir et l’intervalle QTc peut diminuer après 4 semaines de traitement.
- Il est fortement déconseillé d’utiliser l’ilopéridone de manière concomitante avec d’autres médicaments connus pour allonger l’intervalle QTc.
- De plus, lors de la prescription de l’ilopéridone en association avec d’autres médicaments inhibant son métabolisme, un ajustement de la posologie doit être envisagé.
- Quelles sont les contre-indications à l’utilisation de l’ilopéridone ?
- Antécédents d’hypersensibilité à l’ilopéridone, d’anaphylaxie et d’œdème de Quincke.
- En quoi l’ilopéridone diffère-t-elle des antipsychotiques existants ?
- Parmi tous les antipsychotiques de seconde génération, l’ilopéridone présente un profil favorable en ce qui concerne l’akathisie.
- Ses propriétés cliniques les plus distinctives incluent une très faible incidence d’effets secondaires moteurs, une faible incidence de dyslipidémie et une incidence modérée de prise de poids.
- Que reste-t-il d’inconnu concernant l’efficacité de l’ilopéridone dans le traitement du trouble bipolaire I ?
- Son efficacité à long terme et son potentiel à prévenir les épisodes maniaques ou dépressifs
- Son efficacité en présence d’autres troubles psychiatriques concomitants
- Son niveau d’efficacité par rapport aux autres antipsychotiques et stabilisateurs de l’humeur
En conclusion, l’approbation récente de l’ilopéridone par la FDA constitue une étape majeure dans le traitement des adultes présentant des épisodes maniaques ou mixtes associés au trouble bipolaire de type I. Elle offre une option thérapeutique supplémentaire aux patients qui peinaient à trouver des traitements adaptés pour gérer efficacement leur trouble bipolaire.
Psychopharmacologie psychodynamique avec le Dr David Mintz
Dans cet entretien, le Dr Mintz aborde les principes fondamentaux de la psychopharmacologie psychodynamique. Il souligne l’importance de prendre en compte les facteurs psychologiques en cas de résistance aux médicaments et insiste sur la nécessité d’intégrer des compétences psychothérapeutiques à la gestion médicamenteuse, afin de favoriser le sentiment d’agentivité et d’améliorer l’observance thérapeutique. Par ailleurs, le Dr Mintz examine la manière dont le transfert et le contre-transfert influencent la prise en charge, et propose des pistes pour naviguer au travers de ces complexités dans le cadre des soins aux patients.
Les points saillants de l’entretien comprennent les éléments suivants :
- Mettez à profit vos compétences thérapeutiques pour identifier et explorer l’ambivalence lors de l’évaluation initiale, renforçant ainsi l’efficacité des stratégies de prise en charge à long terme.
- Encouragez la participation active du patient aux décisions relatives à son traitement, en respectant ses préférences médicamenteuses lorsque cela est réalisable, afin de renforcer son sentiment d’agentivité et d’améliorer l’observance de la pharmacothérapie.
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La TMS en psychiatrie : innovations et meilleures pratiques
Dans cette présentation, le Dr Simon Kung nous plonge dans l’univers de la TMS. Il passe en revue les fondements de cette technique, les dispositifs et bobines approuvés par la FDA, ainsi que ses effets secondaires potentiels. Le Dr Kung examine également les données probantes étayant l’application de la TMS dans le traitement de la dépression, du trouble obsessionnel-compulsif et du sevrage tabagique. Pour conclure sa présentation, il apporte un éclairage sur les critères des compagnies d’assurance en matière de prise en charge de la TMS et présente une étude de cas clinique.
Évaluation des effets secondaires potentiels de la TMS
- La TMS provoque une gêne physique au niveau du site de stimulation.
- Les patients tolèrent mieux cette gêne après environ une à deux semaines.
- La douleur au site de stimulation, les maux de tête et les contractions faciales sont fréquents.
- L’abaissement du seuil moteur rend la TMS plus tolérable, mais veillez à ne pas sous-doser le traitement.
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En bref : La recherche décryptée
L’olanzapine à haute dose est-elle une option pour la schizophrénie résistante au traitement ?
- Une revue systématique examine l’utilisation de l’olanzapine à forte dose (> 20 mg/jour) dans le traitement de la schizophrénie.
- Plusieurs études antérieures suggèrent qu’elle pourrait ne pas être inférieure à la clozapine. Toutefois, la clozapine demeure la référence ; l’olanzapine à forte dose constitue la seconde meilleure option.
- Utilisez l’olanzapine avec prudence, compte tenu de ses effets secondaires métaboliques. En savoir plus.
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CAP Smart Takes : La recherche décryptée
Efficacité des probiotiques dans le traitement des symptômes du TDAH
- Les données actuelles n’indiquent aucune différence significative en termes d’efficacité thérapeutique entre les probiotiques et le placebo dans le traitement du TDAH pédiatrique.
- Il existe toutefois une tendance intrigante, bien que non significative, suggérant une efficacité thérapeutique associée aux probiotiques multi-souches ou lorsqu’ils sont associés au méthylphénidate. En savoir plus.
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References
- Torres, R., Czeisler, E. L., Chadwick, S. R., Stahl, S. M., Smieszek, S. P., Xiao, C., Polymeropoulos, C. M., Birznieks, G., & Polymeropoulos, M. H. (2024). Efficacy and safety of Iloperidone in bipolar mania. The Journal of Clinical Psychiatry, 85(1)
